Défendons le siège du Parlement européen à Strasbourg !

La Commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen votait aujourd’hui sur le rapport sur « les évolutions et adaptations possibles de la structure institutionnelles actuelle de l’Union européenne », présenté par Guy VERHOFSTADT (ancien premier Ministre Belge), Président du groupe parlementaire ALDE (dont font partie l’U.D.I. et le MoDem).

 

" Guy VERHOFSTATD a profité de ce rapport pour imposer à nouveau l’idée d’un siège unique du Parlement européen à Bruxelles. C’est-à-dire la suppression du siège de Strasbourg, symbole essentiel de la réconciliation franco-allemande, pourtant inscrit dans le Traité de l’Union européenne comme le siège officiel du Parlement européen.

J’ai donc déposé un amendement, co-signé par Michèle ALLIOT-MARIE, Arnaud DANJEAN, Michel DANTIN, Marc JOULAUD, Philippe JUVIN, Françoise GROSSETÊTE, Brice HORTEFEUX, Renaud MUSELIER, Maurice PONGA, Franck PROUST, Tokia SAÏFI et Anne SANDER, élue strasbourgeoise, afin de rappeler que « le siège du Parlement européen est à Strasbourg et que seule unemodification du Traité de l'Union européenne peut entraîner unemodification de ses lieux de travail; » Je remercie les autorités française qui, par un courrier du 7 décembre 2016 du Secrétariat Général des Affaires Européennes, ont appelé tous les députés européens membres de la commission à soutenir cet amendement.

Remettre en cause le siège de Strasbourg revient indéniablement à remettre en cause l’ensemble des sièges des institutions, agences et autres organes extérieurs de l’Union européenne, répartis dans l’ensemble des États membres.

J’ai donc proposé un autre amendement, co-signé par Michèle ALLIOT-MARIE, Michel DANTIN, Marc JOULAUD, Philippe JUVIN, Brice HORTEFEUX, Renaud MUSELIER, Maurice PONGA, Franck PROUST et Anne SANDER, afin d’opter pour attitude plus offensive et demander «  dans un souci de transparence, la réalisation d'une étude sur le coût induit par la dissémination de l'ensemble des agences et organes décentralisés de l'Union européenne ; demande une étude visant à chiffrer les économies qui seraient obtenues grâce à la recentralisation des agences et organes décentralisés de l'Union européenne dans la capitale de celle-ci : à Strasbourg; »

Le vœu de Guy VERHOSTADT, député européen belge, de rapatrier le siège du Parlement européen dans son pays est regrettable.

En revanche, je trouve incompréhensible la position de Sylvie GOULARD (MoDem, ALDE) qui « est d'avis qu'une période de dix ans au moins devra s'écouler entre la décision d'allouer un siège unique au Parlement européen et l'application de celle-ci, car une dotation budgétaire suffisante doit être convenue afin de veiller au financement durable d'un centre permanent d'échange dans les anciens bâtiments du Parlement à Strasbourg; estime que ce centre devrait assurer la tenue de réunions et d'échanges relatifs aux bonnes pratiques entre les Européens, par exemple des citoyens, des experts, des dirigeants politiques, des universitaires;”.

Cette posture revient purement et simplement à acter l’abandon de Strasbourg !

Je déplore également le soutien de Pascal DURAND (E.E.- Les Verts) au siège unique à Bruxelles.

Enfin, je me permets de noter le silence et l’absence du Parti Socialiste français (représenté par Pervenche BERES) et du Front National (représenté par Florian PHILIPPOT).

J’ai également profité de ce rapport pour demander, avec le soutien de Michèle ALLIOT-MARIE, Michel DANTIN, Marc JOULAUD, Philippe JUVIN, Constance LE GRIP, Renaud MUSELIER, Maurice PONGA, Franck PROUST, Tokia SAÏFI et Anne SANDER, « l'instauration d'un statutd'"observateur" applicable à l'ensembledes représentants du Royaume-Uni, élusou nommés, au sein des institutions del'Union européenne; ce statut permettraità ceux-ci, jusqu'à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, de participeraux débats sans pour autant prendre partaux décisions, notamment en ce quiconcerne les votes au Parlement européenet au Conseil de l'Union européenne; ».

Effectivement, suite au BREXIT, il est inconcevable que nos amis britanniques continuent à prendre part à des votes et des décisions qui engagent l’avenir de l’Union européenne.

Le député travailliste britannique CORBETT s’est d’ailleurs abstenu lors du vote final en commission."

Jérôme LAVRILLEUX,

Député au Parlement européen

Membre de la commission des affaires constitutionnelles